Marché Jean-Talon
Publié le 14 janvier 2010
Marchés publics
Mon blog a ouvert ses « portes » le 30 juin 2009. Il y a donc de cela 6 mois. Mais comme les articles ne se sont pas écrits en un jour, j’avais commencé à écrire 1 an auparavant. Donc, il y a 1 an et 6 mois. J’en suis à 249 articles. Celui-ci est mon 250e. Je parle recettes, critiques, produits alimentaires. Je donne mon opinion, je soulève des questionnements, mais avant tout, je me régale. Au travers de tous ces articles, de tous ces sujets, il y a un fil conducteur, un incontournable. Exposé ou non dans l’article, il est sous-jacent à presque toutes mes découvertes. Et j’ai cité, le Marché Jean-Talon.
Il est plus que temps, après 1 an et demi de travail, que je vous parle de MON fameux Marché Jean-Talon, là où sont nées bon nombre de mes inspirations et lubies culinaires. La procrastination cesse aujourd’hui.

Le Marché Jean-Talon se situe juste au coin de ma rue. Ou plutôt je suis venue m’installer juste au coin de sa rue. J’y vais plusieurs fois par semaine, si ce n’est pas tous les jours. Je fouine, achète ou flâne, selon mes besoins et humeurs. Je prends du temps pour papoter avec les marchands que je connais. Je suis une cliente fidèle et j’aime beaucoup que les commerçants me reconnaissent, prennent le temps de me jaser et de me conseiller. Pour moi, faire le marché, c’est avant tout social.
Ouvert été comme hiver, le Marché Jean-Talon est un marché extérieur où s’entassent toutes sortes de commerces. On y trouve de tout, ou presque :
Boucheries, charcuteries, poissonneries, fruiteries.
Étales de légumes, d’œufs frais, de noix, de fleurs.
Boulangeries, fromageries, pâtisseries, chocolateries.
Épiceries fines, maison de thé, brûleries, aliments naturels.
Bouquinerie culinaire, articles de cuisine.
Société des alcools, Marché des Saveurs.
Restaurants, crémeries, crêperies, sandwicheries.
Avec ça, on a de quoi se faire tout un repas. Mais pourquoi est-ce que j’aime ce marché plus qu’un autre ? Ce n’est en effet pas le seul à ravir Montréal. Il y a le marché Atwater, Maisonneuve, Lachine et Bonsecours, en plus des marchés de quartiers qui naissent par-ci par-là.
Plusieurs choses me font préférer Jean-Talon. D’abord, c’est un marché extérieur, complètement ouvert l’été et semi-fermé l’hiver. On a l’impression de faire une promenade dehors en même temps qu’on fait le marché. Ensuite, j’adopte la diversification des produits. Chaque boucherie n’offre pas les mêmes viandes, chaque fromagerie les mêmes fromages, etc. Et puis, finalement, ce qui m’importe le plus ou presque : les mêmes produits ne sont pas tous aux mêmes prix chez tous les marchands. On doit explorer le marché, comparer la qualité et les prix des aliments, bref, on ne doit pas se jeter sur le premier étal venu, comme à l’épicerie ordinaire. C’est ce qui m’agace du marché Atwater, par exemple, où les commerçants se sont tous entendus pour vendre les mêmes produits aux mêmes prix.

Vous avouerez qu’on dirait l’endroit parfait. Et bien malheureusement, ce n’est pas le cas : le Marché Jean-Talon est victime d’un embourgeoisement qui irrite.
C’est très « in » de bien manger et de venir le montrer au marché. C’est très « in » de rechercher les viandes que Josée di Stasio a montré à sa dernière émission. C’est très « in » de magasiner à la même fromagerie que Ricardo. Monsieur et Madame se déplacent longuement pour venir parcourir le fameux marché. Ils s’arrachent la viande de gibiers, les fromages fancy et les épices de Philippe de Viennes. On ne voit pas de « petit monde » venir acheter sa livre de steak haché. On ne marchande pas non plus : ce serait très mal vu. De toute façon, si on essaie de marchander, on se fait rabrouer très rapidement. Parce qu’ils sont très gentils les marchands. Vraiment. Mais ne remettez pas en question le prix de ceci ou cela : c’est pour eux une insulte. Et puis de toute façon, si vous n’achetez pas leur produit, quelqu’un d’autre le fera. Ils ne sont pas mal pris. Ils n’ont pas besoin de vous marchander quoi que ce soit pour vivre.
Il est certain que la belle diversité des produits dont je parlais plus tôt provient de cet embourgeoisement et je l’apprécie énormément. J’apprécie de pouvoir mettre la main sur LA sorte de poivre des îles mouc-mouc qu’il me fallait absolument. J’adore pouvoir me retrouver devant une viande que je n’ai jamais goûtée. Trouver des fruits et des légumes rares que seul Nino peut offrir me rend folle.
J’ai seulement peur qu’on oublie les bases d’un marché public, c’est-à-dire offrir à la population locale des produits locaux, de la meilleure qualité et aux meilleurs prix possibles. Je ne veux pas que monsieur et madame tout le monde se sentent gênés de parcourir le marché, impressionnés par trop de « m’as-tu vu ». Ou tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas s’offrir le luxe d’y acheter leur nourriture.
En parallèle aux principaux marchés publics de Montréal, on peut surveiller la quinzaine de marché de quartier, mis sur pieds par des comités de citoyens dans le but d’offrir des produits frais, locaux et à prix abordables. Ces petits marchés offrent certes moins de variété, mais contribue à entretenir les vrais fondements des marchés publics.
Pour en revenir au marché Jean-Talon, je vous donne quelques commerçants que j’affectionne particulièrement, soit pour la qualité de leurs produits ou de leur service courtois et personnalisé.
- La Boucherie du Marché
- Jardins Mil’herbes
- La Ferme des Moissons
- Les Cochons tous ronds
- Veau Charlevoix
- Boucherie traiteur Prince Noir
- Les Délices de la Mer
- Poissonnerie Aqua Mare
- Fromagerie Hamel
- Bergerie La Moutonnière
- Le Capitol
- Chez Nino
- Marché des Saveurs du Québec
- Boulangerie Première Moisson
- Olives & Épices
- Les Aliments Merci
- Casse-Noix
- Chocolats Privilège
- Havre aux glaces
- Librairie gourmande
- Les Œufs L. Pétrin & Fils
- Pastificcio Sacchetto
- Brûlerie aux quatre vents
- Camélia Sinensis
- Le Ryad Pâtisseries
Et tant qu’à y être, je vous donne le nom de quelques commerçants qui auraient à s’améliorer…
- SAQ (C’est une succursale médiocre : très peu de choix si on ne va pas dans les spécialités, et encore. C’est triste que si peu d’efforts soient déployés pour la SAQ du marché…)
- L’Olivier (La propreté laisse grandement à désirer, ainsi que la présentation des étales d’olives.)
- Porc Meilleur (La qualité des produits n’est pas égale et le service après vente est inexistant, du genre qu’ils ne peuvent rien faire pour vous si vous retournez un produit qui vous a déplu.)
- Cuiz-in (Je parlais plus tôt d’embourgeoisement. Eh bien ici, on atteint le paroxysme… euh, un pèle-patates à 29.99 ???)
- Boucherie les Fermes Saint-Vincent (Belle qualité de produits, mais ce n’est pas parce qu’on vent du bio qu’on doit snober ses clients…)
Dernière chose : la fin de semaine est maintenant à éviter. Le samedi surtout, c’est une vraie folie, été comme hiver ! Le marché est bondé, on a du mal à circuler et les commerçants sont exaspérés, avec raison. Je préfère de beaucoup y aller quand c’est calme et serein, un jour de semaine ensoleillé.
Voilà ! Je vous ai tout dit ce que j’avais en tête pour l’instant. Je ferai probablement des articles individuels pour certains des marchands que j’affectionne dans un futur proche.
Marché Jean-Talon
7070 rue Henri-Julien
Montréal
www.marche-jean-talon.com








janvier 14th, 2010 on 8:48
Je partage tout à fait tes opinions sur le marché; un endroit génial qui a une fâcheuse tendance à attirer un peu trop!
Mais n’empêche… quel endroit magique!
J’en sors pas; c’est mon lieu de prédilection!
janvier 14th, 2010 on 9:16
J’y suis tout le temps également! J’habite aussi à quelques coins de rue d’ailleurs. On se croise certainement!
Merci pour ce bel article.
février 17th, 2010 on 10:33
Merci pour ce bel article.
J’habite à 2 pas de ce magnifique marché et j’adore m’y promener, simplement pour pouvoir sentir les milles et unes odeurs que nous offre cet endroit. J’y ai d’ailleurs travaillé dans ma jeunesse pour mon oncle et ma tante qui y vendent leur produit….. Ça me rappelle ma tendre enfance!
avril 27th, 2010 on 11:45
Bonjour, félicitations pour votre blog, j’abonde pas mal dans la pertinence de vos remarques, mais sans me lancer des fleurs, vous m’avez oublié, et j’espère tout faire chaque jour de mon mieux pour devenir l’une des plus agréables adresses de crêpes à Montréal!
Au plaisir de vous rencontrer!
Jérôme
avril 27th, 2010 on 12:58
Bonjour Jérôme,
je ne vous ai pas oublié, mais comme je ne peux pas tout manger ce que je croise, je n’ai jamais eu la chance de m’arrêter pour manger une de vos crêpes. Je me peux donc pas me prononcer pour l’instant. Mais je vous promets de vous rendre une petite visite sous peu ! Donc, à bientôt !