Couilles (ou amourettes) d’agneau
Publié le 25 juin 2009
Produits de la boucherie
Dring Dring! À l’autre bout du fil, c’est mon amie Flavie. Elle m’invite à aller à la maison de campagne de ses parents, sur le bord du Lac Cornu, pour quelques jours. Emballée, je m’imagine déjà les pieds à l’eau, une bière à la main, en train de papoter avec des amis merveilleux.
Flavie : Mais si tu viens, il faut que tu acceptes un défi culinaire.
Moi (ravie) : Pas de problème, de quoi s’agit-il?
Flavie (espiègle) : Il faut que tu nous cuisines des couilles d’agneau!
Des couilles, ou amourettes, ou rognons blancs. Appelez-ça comme vous voulez. Flavie avait en fait acheté un agneau entier, qui venait naturellement avec ses propres amourettes, et ne savait pas comment les cuisiner (pas plus que moi, d’ailleurs).
C’est avec plaisir et excitation que j’ai accepté de relever le défi et que je m’en suis allée au lac, après un peu d’exploration sur internet, sacs d’épicerie sous le bras.
De toute ma vie, je n’avais jamais été dégoutée par un aliment. Cervelle, boudin, rognons : vous savez comment j’adore les abats. Rien, donc, n’avait encore réussi à me répugner, jusqu’à ce jour.
J’ai dé-tes-té les amourettes d’agneau.
Amourettes d’agneau. Pfff ! Elles ont un nom beaucoup trop joli pour ce qu’elles sont en réalité. J’utiliserai donc le mot « couilles » dorénavant, puisque ce mot exprime beaucoup mieux mon impression sur cette partie de la bête.
J’ai pourtant fait de mon mieux : j’avais rôti les couilles en tranches (si on peut appeler ça des tranches compte tenu du fait que les tranches ne se tiennent pas vraiment avant la cuisson), et je les avais aspergées d’une petite réduction de cidre mousseux.
Le résultat?
Le visuel : une petite rondelle blanche, rôtie. Jusque là, ça va.
La texture : imaginez un morceau de gras poreux qui aurait été imbibé d’eau. Ni crémeux comme la cervelle, ni consistant comme le rognon. La couille se défait sur la langue par simple pression. Pas besoin d’utiliser ses dents.
Le goût : vague goût de rognons, jumelé à un vague goût d’agneau.
Les visages des goûteurs : un peu catastrophés. On se regardait tous, les sourcils froncés, en mâchonnant mollement mais sûrement. Il fallait se rendre à l’évidence : on avait une couille dans la bouche et l’expérience n’était pas agréable.
Je vous écoeure? C’est le but! Je vous livre toujours mes sentiments par rapport à la nourriture, qui sont bien plus souvent joyeux que tristes. Mais là!!! Je me dois d’être honnête et franche en tout temps, également quand on parle de manger une couille d’agneau.






juin 30th, 2009 on 12:49
un homme tres sage ma deja dit un ballsac s’tun ballsac…
juin 30th, 2009 on 8:09
Pour avoir fait partie des goûteurs, je dois dire que la description de Catherine est plutôt exacte.
Je suis restée stoïque et naturellement encourageante, j’ai essayé de faire passer le moment sous le joug du bonheur, en enchaînant les commentaires tels que : « C’est pas si pire », « Notre dégoût est psychologique, c’est bon dans le fond », « C’est plein de protéines », « C’est peut-être aphrodisiaque », « Ça doit favoriser l’ovulation », « Au moins on a du vin », « L’important c’est d’être ensemble »… Puis, à court d’arguments, ma part de couille ingérée, je devais bien admettre que je ne ressentais aucun désir de mâchouiller celle dans l’assiette de Catherine, qu’elle m’offrait avec un je-ne-sais-quoi de malsain dans l’oeil.
Mais c’est que Cath avait cuisiné l’incuisinable avec tant d’amour et de courage. Mais non, c’était pas bon. Au fond, c’est peut-être mieux ainsi. Ne pas manger de couilles d’agneau, ça sauvegarde la reproduction de l’espèce. La nôtre, je parle.
juin 30th, 2009 on 12:16
Merci à tous les cobayes. C’est pas que j’avais une petite envie, mais c’est que là, je suis sûre de ne jamais en avoir!
juin 30th, 2009 on 1:56
Ah!Ah!… Quelle drôle d’histoire!! J’adore ton écriture Catherine, et que dire du contenu, on a l’impression d’y être et de goûter à cette affreuse couille! ;-)
Je viens de faire un petit tour d’horizon sur ton site. Lyne, avec qui j’ai travaillé et qui t’a enseigné, me l’a fait connaître. BRAVO! Très rafraîchissant, authentique et rempli de saveur! Tu me sembles rempli d’énergie, de passion et d’imagination, tu iras certainement très loin dans ta passion!!
J’adore cuisiner aussi, moins par les temps qui courent puisque mon amoureux est actuellement en Afghanistan et que nous venons d’avoir une petit puce (2 mois) mais je vais m’y remettre très bientôt et me laisserai inspirer par tes belles recettes!! Merci!
Bon continuation et je ne manquerai pas de venir faire mon tour!
Isabelle ;-)
juin 30th, 2009 on 2:02
Isabelle, merci pour les beaux compliments! Je vous conseille d’aller faire un tour sur le site banlieusardises.com. Ce blog contient une multitude de recettes pour faire des petits pots pour bébés! Elles ont toutes l’air délicieuses: on a envie de s’en faire pour adulte!!! Je n’ai pas encore d’enfant et ne me suis donc pas encore lancée dans ce pan de la gastronomie, mais peut-être y trouverez-vous votre compte!
juillet 13th, 2009 on 9:57
Ha ha !
Oui, quelle expérience.
J’en ai glissé un mot à ma mère qui avait déjà expérimenté le testicule; elle avait fait blanchir les couilles avant de les couper et les griller ensuite.
Pas bête.
De toute façon, il faudra réessayer parce que mon cousin me dit que tu auras ton agneau !
Bravo pour les recettes !
janvier 24th, 2010 on 7:16
Bonjour,
Alors la elle est bien bonne hihihi
Je suis du pays des « couilles de moutons »
Je comprends votre dégout car peu de gens savent cuisiner cette partie (peu ragoutante) de la bête.
Personnellement la première fois que j’en ai mangée c’était infecte tel la description ci dessus en plus elle étaient froides pas cuit bref à la limite de me rendre malade…
Mais n’aimant pas rester sur un echec je me suis lancée à cuisiner les fameuses « amourettes »
Il faut au préalable les faire dégorger, puis blanchir et ensuite les faire griller dans du beurre avec une persillade avec sel et poivre.
et la hummmmm un pur délice je vous assure
j’en ai cuisiner pour 20 personnes à un casse croûte et tous ont été conquis par ce met fin et délicat tel le riz de veau.
Donc ne restez pas sur une mauvaise impression et essayez de les cuisiner vous même mais ce n’est pas facile à trouver enfin ici c’est un « morceau » que les bouchers se reservent….
janvier 24th, 2010 on 11:56
Merci Céline de l’encouragement… j’attendrai quelques années que mon dégoût se soit dissipé en souvenir flou, puis je m’y remettrai sûrement un jour ! Pour l’instant, l’envie n’y est pas, mais comme vous, j’aime bien pouvoir manger de tout ! Alors une prochaine fois :)
juin 13th, 2010 on 1:24
Je vous assure que c’est très bon quand c’est bien cuisiné.
N’y aurait-il pas un rejet psychologique avant tout?
Imaginez que l’on vous ait servi ce plat, bien préparé, sans que vous sachiez ce que c’était, peut-être auriez vous réagi différemment.
juin 13th, 2010 on 11:06
Peut-être… mais comme j’ai dit précédemment, j’adore les abats et, de manière générale, rien ne me dérange psychologiquement côté bouffe. Comme vous dites toutefois, elles n’étaient peut-être pas bien préparées. J’y suis allé à tâtons, et je dois avoir fait quelques erreurs. La prochaine fois, je suivrai une recette à la lettre !
août 15th, 2010 on 1:17
Les couilles d’agneau c’est delicieux quand on sait les preparer.
Il faut les faire degorger dans de l’eau froide et du vinaigre pendant 2 heures au mois, puis vous les ouvrez en 2 sur la longueur et vous les cuisez sur le grill ou dans une poele,a la fin un filet de citron , de l’ail et du persil, et voila.
je suis fils de boucher et j’avais appris a faire des plus bas morceaux de delices culinaires.
Daniel Vasse
Maitre Rotisseur, Membre de la chaine des Rotisseurs des USA et Puerto Rico
août 15th, 2010 on 9:09
Merci pour les conseils d’un maître ! Je vais retenter le coup bientôt… il faudra bien, puisque j’ai l’intention d’acheter un agneau en entier !
novembre 8th, 2010 on 9:33
Bonjour à tous!
Ah les couilles de mouton, une véritable histoire d’amour pour moi.
J’en mange depuis ma plus tendre enfance, mais je vous avoues que cela reste un plat que je cuisine de façon exceptionnel.
La seul et unique raison c’est qu’on en trouve pas partout. Dans la famille, nous sommes 8 et seule ma mère et moi aimions ce genre d’abat. Les gens ont un rejet lorsqu’ils savent qu’ils s’agit de testicules de mouton ou de veau. C’est pareil pour les rognons, le coeur ou le foie de veau.
Moi je pense qu’il ne faut jamais se fier à notre première impression et retenter le coup une seconde fois.
Je remercie Dieu de m’avoir donner l’ouverture d’esprit, j’ai découvert bien des choses d’un point de vue culinaire comme la cuisine sénégalaise, japonaise, chinoise, coréenne, marocaine, libanaise, grecque… et surtout d’être né dans un pays réputé pour sa gastronomie (je suis Lorraine).
novembre 8th, 2010 on 10:28
Sybille, vous avez bien raison. Quand on n’aime pas quelque chose, il faut réessayer. Parce qu’on ne peut apprécier la gastronomie à sa juste valeur qu’en aimant tout. J’avoue que je ne suis pas pressée de cuisiner pour une deuxième fois les amourettes, mais quand l’occasion se présentera, je le ferai. Surtout qu’on m’a mieux enlignée depuis sur la bonne façon de les préparer. Comme vous dites, quand on est ouvert d’esprit, on est toujours gagnant !
octobre 27th, 2011 on 3:06
il ne faut pas exagérer, les rognons blancs, ou autres amourettes sont des mets d’une finesse extraordinaire s’ils sont bien préparés.il faut d’abord et avant tout les passer sous l’eauclaire toute une nuit,puis les presser sous un poids lourd’plance + casserole d’eau), les limoner un peu comme la cervelle, les blanchir,puis les escaloper finement , les faire cuire ala façon meunière,décanter, jetter le jus de cuisson faire suer une bonne persillade,ajoutterun bon cl de vin blanc unsauvignon va super bien , rectifier l’assaisonnement et monter au beurre frais !! une bonne purée maison et le tour est joué!!
octobre 27th, 2011 on 11:55
Loin de moi l’idée d’exagérer quoique ce soit, mais plutôt de raconter mon expérience qui n’a pas été fructueuse. Vos conseils sont cependant bienvenus.